vendredi 6 décembre 2013
A Nelson Mandela
Certains traversent la vie sur la pointe de pieds, en toute discrétion et il en est parfois parmi eux, un qui se lève, en un temps de l'histoire, au cœur de l'humanité, il en est un qui se lève et parle à nos cœurs, nos consciences, un qui se lève comme un soleil pour venir dissiper la nuit, un qui se lève pour que se lèvent des hommes. Nelson était l'un de ces hommes. Aujourd’hui, il est hissé jusqu’à la plus haute cime, jusqu'aux étoiles, aujourd'hui, il continue d'inspirer les hommes pour que parmi ceux qui marchent sur la pointe des pieds, certains se lèvent. Parce que si ce monde veut nous mettre à genoux, ce sont les hommes debout qui le changent. N'oublions jamais de regarder les étoiles.
mercredi 20 novembre 2013
La pire de mes journées
Demain Mardi 6 août 2013. Je commence mon service à 7h, il est 4h30 et je n'arrive pas à dormir. J’appréhende la journée. Hier aux transmissions, j'ai appris que mon binôme - que je ne connais pas encore - partait faire une balade en bateau avec trois résidents toute la journée.
Cela fait trois semaines que je suis en remplacement dans ce service, c'est un Foyer Occupationnel pour personnes avec des déficiences sensorielles et troubles associés. Dans le service, il y en a une vingtaine.
Il est 7h, j'arrive au boulot, j'ai l'impression de me prendre les pieds dans les valises qui me tombent des yeux. Le temps de poser mes affaires et de me faire un café, j'arrive aux transmissions de l'équipe de nuit à 7h05. Les transmissions commencent, mon binôme n'est toujours pas là.
7h20, je commence à monter pour les toilettes du premier étage. Je fais donc ma ronde habituelle, je réveille Cécile. Cécile est une jeune femme de 22 ans porteuse d'une cécité congénitale avec des troubles associés. Je la suppose porteuse de troubles autistiques voire une névrose +++. Je la réveille, elle est entièrement recouverte de sa couverture en cette matinée d'aout ensoleillé. Les rayons dardent sur les volets. Il doit bien faire 35% sans la chambre... Je l'appelle à nouveau afin de la réveiller, une poupée Barbie nue sort de dessous la couverture. Les professionnels du coin le savent bien, c'est une mauvaise journée qui commence lorsque ses premiers mots sont "ma poupée, elle n'a plus de robe !".
Note : La consigne de la psychologue était de ne pas l'aider à trouver de robe pour ses poupées. Si elle nous demandais, il nous fallait la conduire chez elle. Sauf qu'en ce mois d'août, et bien la psy était en vacances.
Là, je commence à être agacé ! Que dois-je faire ? Je suis seul, pas de psy, pas de binôme (du coup il me faudrait aussi faire le deuxième étage) , il me reste 45 mn environ pour les lever et les toilettes et je suis dans une situation qui pourrait s’aggraver. Je lui répond donc : "Nous allons voir s'il est possible d'en trouver une tout à l'heure. Je vous mes un peu de musique et vous vous levez pour aller vous doucher". Je prépare la salle de bains, Cécile y entre et commence à se doucher.
Je sors donc de la chambre pour réveiller les autres résidents. Le reste de la tournée se passe bien, ouf !
Comme à mon habitude, je retourne dans la chambre de Cécile pour l'aider à s'habiller. D'ordinaire, l'infirmière libérale passe pour lui mettre des gouttes dans les yeux (de verre). Sauf que ce jour là, et bien elle n'a pu se libérer donc pas de gouttes pour Cécile. Je la sens tendue, agacée et toutes les techniques auxquelles j'ai recours d'habitude pour la faire sourire ne fonctionne pas. Cécile s'énerve et veut impérativement que je lui trouve une robe pour sa poupée. Je cherche donc un élastique dans un panier et une chaussette dans son tiroir pour en confectionner une (c'est ce qui est fait d'ordinaire par les petites souries du service pendant que le chat n'est pas là, hi hi hi hi).
Il est 8h30, c'est l'heure de descendre pour le petit déjeuner. Le deuxième étage n'est pas fait, toujours pas de nouvelles de mon "binôme" qui est en retard visiblement... Je privilégie donc d'aller faire le service du petit déjeuner. En effet, en plus des résidents du premier étage du FO, il y a aussi ceux de tout le FAM qui fait parti de la même structure. Cela doit bien faire une trentaine de résident donc la plupart sont malvoyants voire aveugles. Je les accompagne donc un à un avec leur plateau afin de prendre le pain, bols, verre de jus d'orange, beurre, miel, confiture, café chocolat, yoghourt etc... pour les conduire ensuite à leur table.
9h30, j'ai presque fini, mon binôme arrive enfin, il est en retard pour sa sortie bateau et il me dit "Bon, juste pour que tu sache, quand l'un de nous est en retard l'autre fait les levers et toilettes de son étage"
Si je n'avais pas été chrétien, je lui aurais sûrement foutu mon point dans la gueule... WTF !
Il est vrai que vous ne savez pas encore en quoi consiste le service du mardi matin pour les professionnels du FO ! Je vous explique, vous allez comprendre ^^
Le mardi matin, c'est une journée continue de 7h à 15h30 sans pause... (disons que l'on prend les pause quand on peut mais là, j'ai pas pu...)
Le service s'articule ainsi : Lever, toilettes, petit déjeuner, change des draps (qu'il faut également descendre à la laverie) réfection des lits, à 10h collation pour le FO et le FAM (40 résidents). La collation, c'est juste un sirop de fruit ou une eau gélifiée (pour trois résidents). 11h, distribution du linge pour ceux qui sont autonomes et pour les autres, il faut monter dans les étages et les ranger dans les placards. 12h15, c'est le barbecue (en été) pour les 40 résidents qu'il faut servir. Manque de pot, ce jour là, les ASH n'était pas là pour m'aider en ce début de service (entée, plat, fromage, dessert et café).
Je pense qu'avoir envie de foutre son poing dans la gueule du binôme est légitime en ce jour sachant que celui-ci va tranquillou faire une balade en bateau, arrive en retard et se fout de moi par dessus le marché.
[Mode respire ON] Inspiration, expiration [Mode respire OFF]
Il est vrai que j'accompagne des personnes qui ont besoin de moi, bon zigue, je fais contre mauvaise fortune bon cœur, et je fais mon travail.
Je vous passe un situation où Cécile est entré en crise au moment de la collation en courant après une autre résidente lui disant "Je suis désolé, pardonne moi, je t'en prie pardonne moi ou je te tue".......
Bref, une sale journée quoi ^^
Le pire de cette histoire, c'est quand j'ai récemment téléphoné au chef de service pour lui demander si je pouvais faire de nouveaux remplacements.Il m'a répondu que du fait que CE JOUR LA, je fus en difficulté avec Cécile, ils se passeraient de mes services dorénavant.
Non, mais il y en a, j'te jure....
mardi 19 novembre 2013
Me revoici !
Bon, je sais ce n'est pas bien de ne pas donner de nouvelles mais vu que ce blog n'était pas très fréquenté et que les commentaires ne sont pas venus orner les bas de page, je me suis donc dis que je pouvais un peu partir en vacances poursuivre ma formation et travailler pour développer une posture professionnelle.
En fait, cela n'a pas duré longtemps, sitôt le DEAMP reçu, j'ai travaillé durant deux mois dans un FO. J'écrirai sûrement quelques situations que j'y ai rencontré, des bonnes et des moins bonnes. Donc, deux mois de travail, une semaine de vacances et me voila reparti pour deux années de formation objectif DEME (Diplôme d’État de Moniteur Éducateur).
Mon impression de la promo à ce jour ? Ce n'est pas le même niveau, ça se sent tout de suite. Donc les AMP qui souhaiteraient rempiler dans cette voie et qui ont été en difficulté sur l'ensemble de la formation DEAMP, vous êtes prévenus. Toutefois vous avez toujours mes sincères encouragements si votre cœur y est !
J'ai choisis mon premier stage dans un service d'enfants placés soit en famille d'accueil, soit en MECS soit avec un soutient éducatif à domicile.
C'est un stage de bureau et je m'y ennuie, je dois bien le dire. Peu de contacts avec les usagers, beaucoup de paperasse et de travail avec les partenaires (Juge, ASE, MSD, CMP, Écoles, collège etc..).
Une chose est sûre, ce service n'est pas fait pour moi bien qu'il soit hyper enrichissant au niveau de la formation.
Bon, voila, il est 23h30, je vais me coucher mais avant je publie ce billet pour les yeux qui traîneront dans le coin ;)
dimanche 2 juin 2013
La joie du devoir.
Ce
n'est pas dans le droit que nous trouvons la joie bien que le droit
soit nécessaire aux plus nécessiteux. C'est dans le devoir que nous la
trouvons. Dans le devoir, réside l'accomplissement de l'intention que
l'Espérance nous fait porter à la rencontre des cœurs. Dans le devoir
nous n'attendons pas de bonheur, nous y participons.
samedi 25 mai 2013
Vers la lumière
Peu a peu, les idées se dégagent, elles sortent comme des pétales : Vers la lumière.
Les pensées s'extirpent de leur prison mentales en quête d'une rencontre.
Le regard cherche la lumière, sort par la porte et vient se poser.
Il se pose sur la rose et soudainement, se met à exister.
vendredi 24 mai 2013
Diplômé
Et voila ! Je suis officiellement AMP depuis le 23/05/2013 et entrerai en fonction pour le mois de juillet (un remplacement). J'ai également passé le concours pour le DEME, réussis l'écrit et j’attends actuellement les résultats de l'oral.
Cela n'étais pas gagné d'avance car en fait, j'ai eu un 9/20 au DC5 en Janvier.. C'est donc avec cette épée Damoclès qu'il m'a fallu passer le DC1; 2; 4; 6... Une seule note en dessous de la moyenne et c'était perdu.
Mais que s'est il exactement passé pour mon DC5 alors que tous les examens blancs m'étaient favorables ?
Tout d'abord, le jury... fort peu sympathique, je n'ai pas eu le sentiment qu'ils "croyaient" en ce projet alors que j'ai bien mis deux mois entier pour le ficeler.
Le jury ne s'est pas présenté, je ne savais pas si la formatrice formait des AMP des ES etc... quant au professionnel, c'était une jeune fille (20 ans de moins que moi) qui était ES dans une structure qu'elle n'a pas non plus présenté.
Voulant orienter mes réponses en fonction du contexte professionnel de ce jury, j'entrepris alors de leur poser la question : Excusez moi, je n'ai pas saisi : vous travaillez où ?
La question fut très mal venue..
Bref, ça commençait plutôt mal.
Donc, c'est parti pour l'oral, 10mn d'exposé : Présentation succinct du contexte institutionnel, anamnèse de la personne, situation de la personne à l'entrée sur la structure, réévaluation de PP un an après, évaluation de la grille des besoins, des désirs de la personne, les moyen, la mise en œuvre et l'évaluation.
Je me souviens d'une présentation esses bien faite. Puis, nous en arrivons aux questions. Une avalanche de questions pour le moins incompréhensible. "Et si la personne n'a pas de désir" ou encore - et celle là c'est une perle : "L'observation c'est intrusif !", "Non mais franchement, moi votre projet, j'y crois pas..." avec un ton plutôt agressif...
Bah forcement, je suis un peu idiot, je me mes donc sur la défensive... je pose donc la question "pensez vous qu'il soit possible qu'une personne n'ait pas de désirs ?" puis j'ajoute "Même une personne qui fait un syndrome de glissement a un désir". Ce à quoi un jury pourrait conclure qu'en ce qui concerne la personne, ce que je cherche c'est son bien être et je suis prêt a le défendre en équipe ! Mais ce n'était pas ce genre de Jury là non.. ce jury là c'était le genre, "ici c'est nous qui posons des questions, pas vous"...
Je sors de la salle, pas vraiment content de moi et même avec la sensation de m'être fait avoir. Je me renseigne, toutes les personnes qui ont eu ce jury, ont eu les mêmes difficultés.
Bien la question qui se pose : Est-ce le jury qui fait l'AMP ?
Et bien j'ai eu des "retours" alors que j'ai pris connaissance de ma note : "Vous analysez trop", "le jury s'est senti privé de l'évaluation qu'il devait faire car il vous a senti déjà compétent", enfin, j'ai eu le droit à tout un florilège de C..... de ce genre. Si bien que je me suis demandé ce qu'il se passait réellement.
De mon point de vue, je pense que j'étais un peu trop sûr de moi, je me suis positionné sur la défensive, en opposition avec le jury... c'est d'ailleurs par ceci qu'il a justifié sa note...
Question : Pourquoi mettre un candidat sur la défensive et le lui reprocher ensuite ?
Bien parce que c'est le bon vouloir du jury... On est bien avancé avec ça^^
Donc si il y a une leçon que j'ai retenu, ce serait de reprendre à mon compte ce qui me semblait être des erreurs. "Si un jour j'en viens à penser qu'une personne n'a pas de désirs, il me serait peut être utile de me questionner, de voir ce que je n'ai pas fait, pas observé etc..."
Bon, voila, je me suis lâché, ça fait du bien, et je suis enfin diplômé malgré cela :)
Cela n'étais pas gagné d'avance car en fait, j'ai eu un 9/20 au DC5 en Janvier.. C'est donc avec cette épée Damoclès qu'il m'a fallu passer le DC1; 2; 4; 6... Une seule note en dessous de la moyenne et c'était perdu.
Mais que s'est il exactement passé pour mon DC5 alors que tous les examens blancs m'étaient favorables ?
Tout d'abord, le jury... fort peu sympathique, je n'ai pas eu le sentiment qu'ils "croyaient" en ce projet alors que j'ai bien mis deux mois entier pour le ficeler.
Le jury ne s'est pas présenté, je ne savais pas si la formatrice formait des AMP des ES etc... quant au professionnel, c'était une jeune fille (20 ans de moins que moi) qui était ES dans une structure qu'elle n'a pas non plus présenté.
Voulant orienter mes réponses en fonction du contexte professionnel de ce jury, j'entrepris alors de leur poser la question : Excusez moi, je n'ai pas saisi : vous travaillez où ?
La question fut très mal venue..
Bref, ça commençait plutôt mal.
Donc, c'est parti pour l'oral, 10mn d'exposé : Présentation succinct du contexte institutionnel, anamnèse de la personne, situation de la personne à l'entrée sur la structure, réévaluation de PP un an après, évaluation de la grille des besoins, des désirs de la personne, les moyen, la mise en œuvre et l'évaluation.
Je me souviens d'une présentation esses bien faite. Puis, nous en arrivons aux questions. Une avalanche de questions pour le moins incompréhensible. "Et si la personne n'a pas de désir" ou encore - et celle là c'est une perle : "L'observation c'est intrusif !", "Non mais franchement, moi votre projet, j'y crois pas..." avec un ton plutôt agressif...
Bah forcement, je suis un peu idiot, je me mes donc sur la défensive... je pose donc la question "pensez vous qu'il soit possible qu'une personne n'ait pas de désirs ?" puis j'ajoute "Même une personne qui fait un syndrome de glissement a un désir". Ce à quoi un jury pourrait conclure qu'en ce qui concerne la personne, ce que je cherche c'est son bien être et je suis prêt a le défendre en équipe ! Mais ce n'était pas ce genre de Jury là non.. ce jury là c'était le genre, "ici c'est nous qui posons des questions, pas vous"...
Je sors de la salle, pas vraiment content de moi et même avec la sensation de m'être fait avoir. Je me renseigne, toutes les personnes qui ont eu ce jury, ont eu les mêmes difficultés.
Bien la question qui se pose : Est-ce le jury qui fait l'AMP ?
Et bien j'ai eu des "retours" alors que j'ai pris connaissance de ma note : "Vous analysez trop", "le jury s'est senti privé de l'évaluation qu'il devait faire car il vous a senti déjà compétent", enfin, j'ai eu le droit à tout un florilège de C..... de ce genre. Si bien que je me suis demandé ce qu'il se passait réellement.
De mon point de vue, je pense que j'étais un peu trop sûr de moi, je me suis positionné sur la défensive, en opposition avec le jury... c'est d'ailleurs par ceci qu'il a justifié sa note...
Question : Pourquoi mettre un candidat sur la défensive et le lui reprocher ensuite ?
Bien parce que c'est le bon vouloir du jury... On est bien avancé avec ça^^
Donc si il y a une leçon que j'ai retenu, ce serait de reprendre à mon compte ce qui me semblait être des erreurs. "Si un jour j'en viens à penser qu'une personne n'a pas de désirs, il me serait peut être utile de me questionner, de voir ce que je n'ai pas fait, pas observé etc..."
Bon, voila, je me suis lâché, ça fait du bien, et je suis enfin diplômé malgré cela :)
mardi 21 mai 2013
L’indifférence ?
Mais comment peut on revendiquer "le droit à l’indifférence" et croire que par là même l'on reconnaitra "la différence" ? Comment peut on vouloir évacuer la relation, l'amour, la compassion, et penser que le "ni chaud ni froid" les engendrera ?
lundi 20 mai 2013
"L'approche centrée sur la personne" de Carl Rogers.
Ou la "technicité de l'empathie, du regard positif sur la personne et de la congruence".Il n'est bien évidement pas question de faire de nous des "psychologues" ou des "psychothérapeutes"... Toutefois, "la relation d'aide" de Carl Rogers fait parti du programme. Au vu de notre proximité et de toutes les qualités dont un AMP doit faire preuve, il peut être important de connaitre de quoi il en retourne dans les grandes lignes. Bonne écoute ;)
"L’approche centrée sur la personne est un courant majeur en psychologie clinique. Appelée à ses début dans les années 40 l’« approche non directive », son origine et ses principes expliqués au travers du récit de la vie de son fondateur, le grand psychologue Carl Rogers, précurseur également de la recherche sur l’efficacité des psychothérapies."
Mais qui est cet Autre ?
En fait, nous savons que notre relation à Dieu est aussi ordonnée à
notre relation à l'autre. Avoir confiance en l'autre, tout comme en
Dieu, c'est un "saut dans le vide" et cette expérience nous la faisons
tous.
Pouvons nous vraiment opposer la foi et la raison? Quoi que l'on fasse, on en arrive à se dire, qu'en faisant l'option de "faire confiance", nous ne pouvons - tous - n'avoir que la foi. J'ai trouvé cela magnifique, merveilleux. En entretenant notre "relation à l'autre" sur la base de la confiance, nous nous préparons concrètement à la venue du Seigneur.
Il y a beaucoup de parallèles à cela dans mes réflexions mais aussi - et ce récemment - dans ma vie de prière.
J'ai toujours eu du mal à me représenter Jésus dans ma prière, du mal à voir cette personne à laquelle je m'adressais. Mais récemment, j'ai entrepris de ne plus voir, ne plus parler, juste d'offrir en silence.
C'est alors que quelque chose m'est venu. Le Saint Suaire. La recherche d'un repère concret de la présence de Dieu et de la venue de notre sauveur.
A partir de ce jour là, partant de lui, ma vie de prière à changé. J'avais l'impression de VRAIMENT voir le Christ en prière....
Je crois qu'il y a ici quelque chose de capital, de crucial. L'autre, n'est il pas celui qui à froid, qui a soif, qui à faim, qui est en prison et qui en même temps est le Christ ?
Pouvons nous vraiment opposer la foi et la raison? Quoi que l'on fasse, on en arrive à se dire, qu'en faisant l'option de "faire confiance", nous ne pouvons - tous - n'avoir que la foi. J'ai trouvé cela magnifique, merveilleux. En entretenant notre "relation à l'autre" sur la base de la confiance, nous nous préparons concrètement à la venue du Seigneur.
Il y a beaucoup de parallèles à cela dans mes réflexions mais aussi - et ce récemment - dans ma vie de prière.
J'ai toujours eu du mal à me représenter Jésus dans ma prière, du mal à voir cette personne à laquelle je m'adressais. Mais récemment, j'ai entrepris de ne plus voir, ne plus parler, juste d'offrir en silence.
C'est alors que quelque chose m'est venu. Le Saint Suaire. La recherche d'un repère concret de la présence de Dieu et de la venue de notre sauveur.
A partir de ce jour là, partant de lui, ma vie de prière à changé. J'avais l'impression de VRAIMENT voir le Christ en prière....
Je crois qu'il y a ici quelque chose de capital, de crucial. L'autre, n'est il pas celui qui à froid, qui a soif, qui à faim, qui est en prison et qui en même temps est le Christ ?
Prise de fonction d'AMP dans une résidence collective
Lorsque je suis entré sur mon deuxième lieu de stage, un autre AMP -qui d'ailleurs était aussi formateur de mon institut - est entré en même temps que moi. Rétroactivement, je me suis aperçu que nous ne sommes pas du tout entrés en poste avec le même positionnement.
Au tout début, comme n'importe qui, j'avais des appréhensions™ ! Venant précédemment d'un stage en EHPAD, j'avais peur de ne pas parvenir à établir de relation avec les résidents, de ne pas savoir poser les limites nécessaires pour qu'ils me respectent et se respectent entre eux... De ne pas savoir gérer les conflits et la dynamique de groupe.
Dans un premier temps donc, je pensais que pour gagner leur confiance, il me fallait établir une relation. Connaître leur dossiers. Mais dans cette expérience, je me suis très vite heurté à un mur vu qu'il n'y avait pas beaucoup de sujet de conversation avec certains d'entre eux.
Alors que j’essayais péniblement d'établir une relation, l'autre AMP quant à elle s'engouffra dans la lingerie, pour les aider à faire leur lessives, dans leur chambre pour les stimuler à la toilette, au ménage etc...Ainsi, cet AMP gagna leur confiance plus rapidement. Le relationnel pu aussi s'établir plus efficacement en s'articulant sur le support de l'accompagnement lors d'un temps clé. Le support étant la lessive par exemple.
En langage technique, nous appelons cela "la tiers médiation". La médiation d'un accompagnement comme support à la relation. Il se trouve que cela fait parti de notre DF4 "Savoir utiliser le soin et les activités quotidiennes comme support à la relation et la relation comme aide à leur réalisation."
Un phrase qui est resté asses mystérieuse pour moi au moment de mon éval' sur le terrain du premier lieu de stage.
Faire ainsi, permet aussi de d'évaluer les aptitudes concrètement, mettant en évidence les difficultés rencontrées. Ainsi, la lecture des dossiers devient moins abstraite et théorique.
Donc, prise de fonction = Fiche de poste et direction quotidien et temps clé. ;)
Au tout début, comme n'importe qui, j'avais des appréhensions™ ! Venant précédemment d'un stage en EHPAD, j'avais peur de ne pas parvenir à établir de relation avec les résidents, de ne pas savoir poser les limites nécessaires pour qu'ils me respectent et se respectent entre eux... De ne pas savoir gérer les conflits et la dynamique de groupe.
Dans un premier temps donc, je pensais que pour gagner leur confiance, il me fallait établir une relation. Connaître leur dossiers. Mais dans cette expérience, je me suis très vite heurté à un mur vu qu'il n'y avait pas beaucoup de sujet de conversation avec certains d'entre eux.
Alors que j’essayais péniblement d'établir une relation, l'autre AMP quant à elle s'engouffra dans la lingerie, pour les aider à faire leur lessives, dans leur chambre pour les stimuler à la toilette, au ménage etc...Ainsi, cet AMP gagna leur confiance plus rapidement. Le relationnel pu aussi s'établir plus efficacement en s'articulant sur le support de l'accompagnement lors d'un temps clé. Le support étant la lessive par exemple.
En langage technique, nous appelons cela "la tiers médiation". La médiation d'un accompagnement comme support à la relation. Il se trouve que cela fait parti de notre DF4 "Savoir utiliser le soin et les activités quotidiennes comme support à la relation et la relation comme aide à leur réalisation."
Un phrase qui est resté asses mystérieuse pour moi au moment de mon éval' sur le terrain du premier lieu de stage.
Faire ainsi, permet aussi de d'évaluer les aptitudes concrètement, mettant en évidence les difficultés rencontrées. Ainsi, la lecture des dossiers devient moins abstraite et théorique.
Donc, prise de fonction = Fiche de poste et direction quotidien et temps clé. ;)
L'autre, le mystère clé de la foi !
Lorsque nous parlons de la foi, l'idée première qui nous vient à l'esprit est : "La foi en Dieu". Il semble toutefois que la foi puisse s'entrevoir par d'autres moyens. Avoir foi en l'autre, l'autre, ce mystère impérissable, ce soleil irradiant, cette carapace tenace. Dans l'autre, rien n'est sûr, rien n'est acquis, tout est à gagner et à maintenir. Tout est suspendu. Et c'est pour cela, qu'il faut le remercier, le considérer et lui être fidèle.
mardi 4 décembre 2012
La place, de nos parents, grand parents en EHPAD
Évidemment tous les EHPAD ne sont pas à mettre dans le même sac mais il nous faut savoir qu'ils représentent le reflet de notre société actuelle : "Performante", individualiste, vorace, égoïste et sans pitié. Il est un diction qui dit que c'est aux prisons que l'on reconnait la qualité d'une société et bien moi je dis que c'est aux maison de retraite que nous voyons la qualité humaine qui est la leur.
Je viens de tomber sur un vidéo qui m'a coupé le souffle, fait monter les larmes aux yeux en écoutant une jeune fille de 16 ans oui oui, vous avez bien lu, 16 ans et toutes ses dents quant il s'agit d'en découdre avec cette injustice.
Alma Adilon-Lonardoni
Ici Alma a dis long, très long... espérons entendre d'autres voix s’élever ainsi !
Accrochez vous :
Il fait si bon vieillir... par MEMORIALCAEN
Je viens de tomber sur un vidéo qui m'a coupé le souffle, fait monter les larmes aux yeux en écoutant une jeune fille de 16 ans oui oui, vous avez bien lu, 16 ans et toutes ses dents quant il s'agit d'en découdre avec cette injustice.
Alma Adilon-Lonardoni
Ici Alma a dis long, très long... espérons entendre d'autres voix s’élever ainsi !
Accrochez vous :
Il fait si bon vieillir... par MEMORIALCAEN
vendredi 23 novembre 2012
La sexualité dans le domaine du handicap pour un croyant.
Bonjour
a vous, J'ai récemment reçu des remarques intéressantes sur mon
deuxième lieu de stage dans le champ du handicap. La question portait
sur la compatibilité de ma
foi d'avec l'accompagnement dans la sexualité de personnes adultes
handicapées. J'ai bien évidement répondu que je ne voyais -en ce qui me
concerne- aucun problème à accompagner des personnes
déficientes ou psychotiques dans une sexualité régulée par des
moyens de contraception. Toutefois il m'a tout de même fallu approfondir
cette question plus avant et c'est ainsi que j'ai proposé
cette question sur le forum de la cité catholique. L'épouse de Gyrovague m'a gentiment répondu en
portant à ma connaissance les écrits de Jean Vanier.
J'ai donc commencé la lecture de "Homme et Femme Dieu les fit"
et j'en ressors complètement bouleversé.
J'y ai bien évidement trouvé des réponses mais aussi des pistes
d'accompagnements bien plus poussées que je ne l'aurait imaginé.
Notamment des réponses philosophiques et psychologique dans
l'accompagnement de la sexualité. Certains d'entre eux se trouvent
couronnés de succès et d'autres pas.
Il ressort de cette lecture que la contraception dans le domaine du
handicap ne pose pas de problème pour un accompagnant chrétien et même
l'homosexualité des résidents peut être accompagné !
Comme le précise Jean Vanier à la page 12 :
"Dans ce livre, il est question des relations entre hommes et
femmes. J'ai choisi de ne pas aborder ce qui touche à l'orientation
homosexuelle. Nous sommes tous frères et soeurs devant Dieu, mais
l'orientation homosexuelle est quelque chose de différent. La personne doit être respectée dans sa différence et accompagnée comme tout un chacun pour devenir la plus humaine
possible."
Quelles sont les réponses qui nous permettent d'admettre la contraception dans le domaine du handicap ?
Tout simplement que les personnes accompagnées doivent disposer d'un
consentement éclairé sur la question des accompagnements qui leur sont
propres (cf. Loi 2002-2). Le discours chrétien n'est
pas différent ! C'est par un libre choix éclairé que nous
accepterons ou pas le Christ à l'heure de la mort.
Nous ne pouvons pas demander aux personnes d'aller au delà de leur
limites et il nous faut respecter et accompagner les limites des
personnes.Les personnes souffrant de handicaps mentaux et de
troubles associés ont pour la plupart fait une expérience
douloureuse de la vie relationnelle étant enfant. Ces expériences
peuvent également se prolonger vers l'âge adulte et renforcer la
muraille qui les sépare d'une véritable vie sociale et/ou
communautaire.
Pour comprendre la position de l'Église catholique en matière de
contraception il nous faut premièrement nous poser des question
philosophiques sur ce qu'est la vie. La vie, nous a produit, elle
produit également tous le vivant. Nous sommes le prolongement de ce
qui nous a précédé et cela remonte à l'aube des temps. C'est ici que
nous pouvons considérer le caractère infiniment précieux
et rare de ce que nous sommes. Nous avons une seule chance sur 39
millions que le bon spermatozoïde vienne féconder l'ovule et faire de
nous ce que nous sommes. Si nous considérons cela au regard
des 1 chance sur 39 millions de nos parents, grand parents etc...
Combien y a-t-il au final de chance pour que vous existiez ? Les chances
sont tellement infimes que cela fait de nous : Un
miracle.
La vie nous a fait naître et la contraception barre la route à la
vie. Il s'en suit des comportements désordonnés dans la vie
relationnelle. Nous voulons de l'autre sexuellement mais pas comme si
c'était une personne. Nous ne sommes pas prêt à assumer la
responsabilité d'une naissance. Nous ne voulons tout simplement pas
accueillir la vie de l'autre et qui nous a vu naître un jour. Nous
prenons la vie comme un du et ne donnons rien en retour. Nous ne
voulons que notre plaisir personnel. Nous jouissons contre nous même et
notre nature profonde faite pour la vie relationnelle
amoureuse dans toutes les dimensions de notre être. Sans quoi,
l'autre devient un "moyen" de plaisir et n'est plus considéré comme une
personne. Nous ne lui offrons pas l'entièreté de nous même
et nous ne voulons pas de son entièreté. Pour approfondir cette
question lire l'encyclique Humanae Vitae de Paul VI.Vous pourrez également lire le témoignage passionnant de Natalia Trouiller qui ne "coupe pas les cheveux en
quatre".
Le Magistère de l'Église précise de plus que : "Pour
former un jugement équitable sur la responsabilité morale des sujets et
pour orienter l'action pastorale,
on tiendra compte de l'immaturité affective, de la force des
habitudes contractées, de l'état d'angoisse ou des autres facteurs
psychiques ou sociaux qui amoindrissent voire exténuent la
culpabilité morale". (CEC 2352-2354)
Nous comprenons donc au final que les personnes handicapées
souffrent de troubles relationnels. Qu'a cause de la contraception elles
ne peuvent approfondir le mystère de l'amour et de l'accueil
de la vie au sein de la relation de personne à personne. C'est ce
que déclare Jean Vanier dans le livre cité plus haut à la page 214 et
215 :
"Beaucoup de parents sont inquiets (..) de la permissivité sexuelle
qui s'est propagé dans certains pays. Je connais, dans certaines
institutions, des équipes éducatives qui prétendent agir pour
le bien être et la libération des personnes handicapées; croient,
sans se poser de question, qu'il faut encourager les relation sexuelles
sans discernement, donnant régulièrement des
contraceptifs et prônant l'avortement en cas "d'accident" (L'accueil de la vie est elle vraiment un accident ?)."
Il n'est bien évidement pas question d'imposer à des personnes
handicapés de ne pas prendre des contraceptifs. Mais allons nous
jusqu'au bout de l'accompagnement des personnes en les leur
imposants ? Ne peuvent-ils avoir la possibilité d'avoir une vie
amoureuse relationnelle (qui contribue à leur libération, leur bien
être) et être progressivement introduite sur la finalité de la
sexualité ? Nous pourrions même aller jusqu'à sortir la loi 2002-2
qui stipule clairement que les personnes doivent avoir accès à l'information, Quelle doivent être bénéficiaire d'une
"prise en charge ou accompagnement individualisé et de qualité, respectant un consentement éclairé."
En conclusion, nous ne pouvons pas demander aux personnes d'aller au
delà des limites qui sont les leurs, toutefois notre travail éducatif
ne doit pas s'arrêter ici. Il s'agit d'accompagner les personnes, dans leur vie de couple, de les informer sur la sexualité et l'accueil de la vie qui peut en découler. De remettre entre leur
mains le libre choix éclairé de la contraception ou non.
A final, je ne vois donc pas de problème pour accompagner dans la
vie relationnelle et sexuelle des personnes handicapées tout en étant
catholique.
mercredi 3 octobre 2012
"L'estime de soi" par le Docteur Christophe André
Psychiatre et psychothérapeute, le docteur Christophe André nous aide à mieux comprendre les mécanismes de l'estime de soi.Selon lui, tout ne se joue pas au moment de la petite enfance et il est donc possible d'agir à tout âge.
A voir jusqu'au bout :
lundi 24 septembre 2012
La mort, le deuil et l'accompagnement.
Lors de ma formation, j'ai effectué mon premier stage dans un Établissement d'Hébergement pour Personnes Âgées et Dépendantes (EHPAD). Moi qui n'avait jusqu’alors accompagné qu'un jeune enfant TED (trouble envahissant de développement), j'avais alors beaucoup d'idées préconçues sur le métier et j’eus beaucoup de mal à trouver mon positionnement. Ce qui m’effrayait le plus et qui fut l'objet de ma soutenance était : "La distance professionnelle".
Serais-je trop distant ? Trop proche ? Comment allais-je m'en sortir avec cette histoire alors que mon travail est un travail dit de "proximité" et "d’accompagnement dans les actes de la vie quotidienne" ? Et la mort, le deuil, comment allais-je gérer cela ?
Lors de ce stage, il y avait une dame qui souffrait de "démence sénile". Je n'ai pas remarqué de troubles de la mémoire de type Alzheimer. C'est à dire qu'elle se souvenait très bien de moi, de mon prénom et qu'elle avait pris l'habitude que je l'accompagne et je l'ai fais durant toute la durée de mon stage. J'ai également fais plusieurs "études de situations" sur l'accompagnement effectué auprès d'elle. Je vous livre la première et des extraits des suivantes pour en arriver au vif du sujet : "Le deuil".
"Par soucis d’anonymat je donnerai à cette personne le pseudonyme de « Jeanne » afin de rester en conformité d’avec la loi du 2002-2 qui précise que « Toute donnée concernant l'usager doit rester confidentielle».
Je suis entré en contact avec Jeanne pour la première fois il y a quatre jours. Avec mon AMP référent, nous étions en train de réveiller les résidents aux alentours de 7h30 du matin. Entré dans sa chambre elle criait « au secours, au secours », je m’empressais auprès d’elle afin de savoir ce qui se passait, elle avait fait un cauchemar et semblait ne pas parvenir à dissocier le rêve de la réalité. Je la rassurais donc en lui disant « tout va bien ne vous inquiétez pas, ce n’était qu’un cauchemar, nous sommes là ».
Jeanne appartient au GIR 1 et toutes ses variables du groupe GIR sont dans le « C ». C'est-à-dire qu’elle souffre d’une perte d’autonomie totale : Elle ne fait ni spontanément, ni totalement, habituellement, ni correctement, les actes de la vie quotidienne tels que : La toilette, l’habillage l’alimentation l’élimination les transferts (se lever, se coucher, s'asseoir) les déplacements à l'intérieur et à l'extérieur. Elle éprouve également des difficultés pour communiquer à distance, elle a des moments d’incohérence et souffre d’une perte du sens de l’orientation. Elle est toutefois capable d’utiliser la sonnette d’alarme qui se trouve dans sa chambre.
Le médecin l’a diagnostiqué de « démence sénile » qui est « Un affaiblissement psychique progressif et global ». En effet il lui arrive d’avoir des hallucinations, de voir des souris qui dansent dans sa chambre, ou alors des éléphants d’Asie qui la traverse chevauché par des indous, ou encore de croire être dans un « bordel » ou un « repaire mafieux ». Il me semble à la vu du diagnostique et de mes observations, qu’elle est en « perte totale de repaires concrets ».
Elle communique bien verbalement mais il faut bien se rapprocher d’elle car de loin, l’expression verbale est inaudible. Elle communique aussi de façon non verbale avec des expressions du regard, des mimiques du visage et elle aime que nous lui prenions la main et le réclame spontanément asses souvent d’ailleurs.
Elle a de mauvais rapports avec la plupart personnel soignant et lorsque c’est le cas elle les injurie alors qu’ils lui font la toilette, lui donne à manger, la transporte au salon ou dans sa chambre etc… Il lui arrive aussi de vouloir –car au vu de son étant physique cela n’est pas possible- être violente physiquement et de tenter de frapper le personnel qui ne lui convient pas tout en l’insultant et lui reprochant de ne pas être suffisamment compétent.
Socialement elle est isolée et le peu de famille qui lui reste ne lui rend pas visite car « ils habitent trop loin » m’a-t-elle dit. Après la toilette et le petit déjeuné, elle passe sa matinée dans le salon devant le poste de télévision en compagnie des autres résidents. L’après midi elle reste seule dans sa chambre et n’a plus le désir de participer aux animations.
Je me suis souvent occupé d’elle ces derniers jours et j’ai réussis à avoir de bons rapports. C’est une personne qui a besoin de beaucoup d’écoute et elle a souvent besoin d’être rassurée. Par exemple, lors des repas elle croit toujours que nous lui mettons des médicaments dans les aliments à son insu, ou que des membres du personnel lui volent ses bijoux. Elle aime que nous soyons prévenant, que nous verbalisons ce que nous allons faire et que nous lui expliquons afin qu’elle soit collaboratrice des actions auxquelles nous l’assistons."
"Elle a des pertes de mémoire, des absences, des hallucinations très fortes, hier, alors que je l'accompagnais au repas, elle se croyait attaquée par des gangsters tout droit sorti du poste de télévision qu’elle prenait pour une fenêtre. Elle trouvait que ma façon de taper à répétition ma cuillère à soupe dans l’assiette était une façon efficace d’appeler « police secours »."
C'est pourtant avec cette personne que j'ai eu le rapport le plus réel avec notre réalité ultime : "La mort". C'est alors que je l'accompagnais aux toilettes que "Jeanne" nous regardait un autre AMP et moi même tristement. Je voyais bien que quelque chose n'allait pas et j'eus le sentiment de savoir de quoi il était question. Je lui posais alors la question "quelque chose ne va pas Madame Jeanne ?" elle me répondit : "J'ai peur, j'ai peur, j'ai peur...". "De quoi avez vous peur" lui répondis-je ?"
"J'ai peur de mourir..."
Elle était en larmes, et j'avoue que nous aussi nous l'étions intérieurement. Heureusement, à ce moment du stage, j'avais pris de l’assurance et j'avais appris ce qu'il ne fallait pas dire. Toutefois, j'ignorais ce qu'il fallait dire. Pourtant c'est tout naturellement que ces mots sont sortis de ma bouche :
"Vous n'êtes pas seule, rassurez vous, nous ne vous abandonnerons pas, nous sommes avec vous, nous vous accompagnons". Loin de réduire le réalisme de la situation de cette dame, il fallait au contraire entrer en concordance avec celui-ci en ne minimisant rien mais en la soutenant.
Le soir même, alors que j'accompagnais "Jeanne" lors de son repas, elle riait, elle chantait à tue tête "Nam-myoho-renge-kyo, Nam-myoho-renge-kyo" en boucle. Il est question d'une prière bouddhiste. Bref, Jeanne était heureuse, libérée de la charge anxiogène de sa peur.
Le soir même, alors que j'accompagnais "Jeanne" lors de son repas, elle riait, elle chantait à tue tête "Nam-myoho-renge-kyo, Nam-myoho-renge-kyo" en boucle. Il est question d'une prière bouddhiste. Bref, Jeanne était heureuse, libérée de la charge anxiogène de sa peur.
***
Notre travail est d'accompagner les personnes dans le deuil d'elles même. Le deuil ? C'est "la perte de l'objet aimé" selon Freud. Cela peut être des clés de voitures, la voiture, le boulot, le conjoint, voire une bouteille de bière maladroitement tombé de nos mains alors que nous n'en avions bu qu'une gorgée.
La première phase : Le choc, de déni.
"Ah [Bip], c'est pas possible, je n'y crois pas, ma bièèèèère" (et mes chaussures)
Deuxième phase: la colère.
"Je suis vraiment un [bip] et toi ? T'as même pas été [bip] de rattraper cette [bip] de bière ?"
Troisième phase : La négociation.
"Bon tu crois qu'on peut aller en chercher une autre? Le magasin est encore ouvert ?"
Quatrième phase : L'acceptation.
"Bon, il est fermé, pfff, ok c'est pas grave."
Il fallait bien détendre un peu l'atmosphère avant de revenir à notre sujet difficile. Notre travail est d'amener les personnes à accepter le fait qu'elles vont mourir, Hé oui, je sais c'est pas drôle et on a tendance à freiner des quatre fers dans l'accompagnement de cette réalité. Mais si nous voulons faire notre travail au mieux, il nous faut accompagner ces personnes dans ce processus de deuil d'elles même et les conduire à l'acceptation qui en est la dernière phase.
Comment faire ? On ne peut pas aborder le sujet comme ça, il faut amener les personnes à nous en parler. Les personnes âgées savent très bien qu'elle vont mourir. Ce qu'il faut, c'est les mettre en confiance, les soutenir, avoir de l'empathie pour elles. Bref, il faut être authentique. Ahhh et la "distance professionnelle" me direz vous ? Et bien la "distance" ça vaut que dalle, ça n'existe pas, et si ça existe et bien on ne fait pas notre métier correctement. La seule chose qu'il nous faut faire, c'est prendre garde à notre "projections" et à nos "transfert". En parler en équipe permet de prendre de la distance, faire des écrits également, suggérer un "groupe de parole" à la direction qui pourrait figurer dans le "projet d'établissement" si il n'y figure pas déjà.
Astuce : Pour accompagner les personnes dans le deuil? Leur poser des questions détournées : Avez vous bien dormi ? Avez vous fais des rêves ? Pourquoi n'arrivez vous pas à dormir ? A quoi pensez vous ? Voulez vous que nous en parlions ?
En effet, la peur de la mort, se manifeste la plupart du temps, le soir et pendant la nuit. Faire attention aux transmissions de l'équipe de nuit et questionner.
Création de ce blog
Bonjour, je suis ce que l'on appel un "néophyte" dans le catholicisme. C'est à dire que cela fait depuis 2009 que je suis catholique. Cela a été un très long chemin, une "remontée de l'enfer sur terre" Ma vie ne s'est pas accomplie le jour où je me suis fait confirmé et où j'ai communié pour la première fois, c'est ici qu'elle a commencé.
J'ai décidé de créer ce blog pour y coucher mes pensées, mes observations et mes difficultés tant dans ma vie professionnelle que dans ma vie de "croyant". (Je dis croyant entre guillemets car en fait, à ce jour, il est tout a fait possible d’accéder à la foi rationnellement).
Je suis Aide Médico Psychologique, c'est à dire que j'accompagne les personnes dépendantes dans les actes de la vie quotidienne. (Voir référentiel )
Pour en savoir plus sur moi ? Je suis un éternel étudiant. Je me passionne pour tout ce qui relève de la recherche afin de mieux comprendre et de pouvoir aider les autres. C'est pourquoi, je connais très bien la bible (étant un ex protestant), je me passionne pour la théologie, la philosophie et la psychologie en vue de pouvoir accompagner au mieux les personnes qui se trouveront sur ma route (et dans mon travail). J'espère que nous ferons un bon bout de chemin ensemble et que nous pourrons apprendre les uns des autres. En Christ qui que vous soyez. :)
Pour en savoir plus sur moi ? Je suis un éternel étudiant. Je me passionne pour tout ce qui relève de la recherche afin de mieux comprendre et de pouvoir aider les autres. C'est pourquoi, je connais très bien la bible (étant un ex protestant), je me passionne pour la théologie, la philosophie et la psychologie en vue de pouvoir accompagner au mieux les personnes qui se trouveront sur ma route (et dans mon travail). J'espère que nous ferons un bon bout de chemin ensemble et que nous pourrons apprendre les uns des autres. En Christ qui que vous soyez. :)
Inscription à :
Articles (Atom)